Sertie comme un diamant dans la boucle du Doubs dominée par l’imposante Citadelle de Vauban, elle inspira à Stendhal Le Rouge et le Noir. Le cœur de cette Ville d’art et d’histoire de 130 000 habitants bat la chamade dans une débauche de style architecturaux composant ce qu’il est permis d’appeler ici, au pays de Victor Hugo, la légende des siècles.
Son centre ancien est multiple. Ici se lisent tour à tour l’influence des Séquanes, des Burgondes, du Saint-Empire romain germanique, de l’Espagne et de la France avec Louis XIV assisté de Vauban dans la construction des fortifications. Le siècle des Lumières et le XIXe siècle eurent aussi leurs heures de gloire, illustrées par les très beaux hôtels particuliers qui bordent les rues du centre ville historique.
Une rue stratégique.
Grande Rue : deux mille ans d’histoire s’inscrivent au fil de la principale artère de la ville où hôtels particuliers côtoient de simples demeures. Les façades peu ornées offrent une juxtaposition de styles du XVIe à la fin du XVIIIe siècle. Franchir les portes cochères conduit à des surprises : grands escaliers extérieurs à cage couverte, associant pierre de taille et fer forgé, succession de cours et bâtiments, jardins exhubérants...
Palais, hôtels particuliers, village dans la ville…
Le Palais Granvelle, jadis résidence de Nicolas Perrenot de Granvelle, ambassadeur et garde des Sceaux de Charles Quint, dévoile une splendide façade Renaissance masquant une cour intérieure aux riches colonnes toscanes. Ecrin du musée du Temps, il rappelle désormais, au travers notamment de la Leroy, montre la plus compliquée du monde, que Besançon fut un centre horloger de tout premier rang.
De la première époque subiste l’hôtel de ville et sa façade à bossages, dans l’esprit italien. Situé juste derrière, le Palais de Justice bâti par Hugues Sambin afin d’agrandir l’hôtel de ville, auquel autrefois il était relié. De la seconde période, l’hôpital Saint-Jacques qui en impose par ses grilles monumentales, conserve l’une des plus belles apothicaireries de France. La rareté de cet ensemble de près de 250 pots et bocaux et la qualité de son décor sont à découvrir.
De part et d’autre du Pont Battant, les églises de la Madeleine et de Saint-Pierre rivalisent de classicisme. Claude-Nicolas Ledoux, l’architecte de la Saline royale d’Arc-et-Senans, donna à Besançon son opéra-théâtre selon une conception toute nouvelle pour l’époque. Dominant l’ancien quartier capitulaire, la cathédrale Saint-Jean présente plusieurs époques de construction du XIIe au XVIIIe siècles et laisse découvrir son impressionnante horloge astronomique (57 cadrans, 122 indications horaires…).
Avant d’arpenter le pittoresque faubourg Battant, véritable village dans la ville et ancien fief des vignerons, une flânerie sur les quais Vauban s’impose. La perspective offerte entre la rivière et ces bâtiments au garde-à-vous est époustouflante.